Les étapes du cheminement sacerdotal de Jean

(Échange de courriers entre les responsables du RCWP et Jean)

Mrs Fresen (Mrs Fresen est Femme évêque du RCWP),
You receive from my wife, Johane Filiatrault, few days ago an email concerning our interest about this new mouvement in Catholic Church and the possibility for a married couple to accede to priesthood. On friday night Mrs Michele Birch-Conery from British-Columbia gave us a phone call to give us information about the procedure. After explaining Johane what was the process for the women, Mrs Birch-Conery recommanded me to contact you in order to verify if the procedure for men was the same and who would be the person accompanying me through the process. For Johane and I it would be concidered as a grace from God if we could make the steps together but we would accept any ways you would propose to both of us.
Expecting news from you soon.
Jean Beauchemin  2006 02 26

 

Dear Mr. Beauchemin,

Thank you for writing to me in English.  You are very welcome to apply for our Programme and it seems best to me that you and your wife should move through the Programme together as a married couple.  The procedure for men is the same as for women.  Yes, it would be wonderful if you and Johane could go through the process together  –  and eventually be ordained together.  If Dr. Birch-Conery is willing to accompany you both through the process, I will be very happy. …

I consider it a grace from God to have a married couple applying for the Programme.  Perhaps I will be able to meet you both when I am in Sudbury at the beginning of August.  Michele will give you the details.

Loving greetings,
Patricia Fresen  2006 02 27

 

April 1/07

Dear Jean,

Thankyou for your letter of request for ordination to the diaconate on May 19.07. Our Bishops Dr Patricia Fresen,

Dr. Gisela Forster and Dr. Ida Raming accept your clear desire and your readiness for ordination.

Your letter expressing deep faith  andyour willingness to be present to the poor, especially, in Servant Leadership reveals a genuine call. undertaken through free will.

Thankyou for coming forward to be with us in the growing community of RCWP as we work together for renewal and equality in justice in our RC Church.

Yours in the Christ who serves us and calls us to service,

Sincerely,

Dr. Michele Birch-Conery, Program Co-Ordinator,Temporary Regional Administrator, RCWP/Canada

 

Jeudi 23 août 2007 08:27

To: Marie Bouclin (Femme prêtre ontarienne du RCWP)

Subject: Notre rencontre avec l’évêque

Bonjour Marie,

Comme promis, je te raconte notre invitation chez l’évêque que nous avons reçue par la poste en juin :  « Il y a déjà plusieurs semaines, vous m’invitiez à la célébration du 19 mai (ordination diaconale de Johane et Jean) qui devait se dérouler à votre domicile.  C’est une belle délicatesse de votre part…  Je prends l’initiative de vous inviter chez-moi pour échanger avec vous sur cette expérience.  Dans un climat de dialogue j’aimerais vous entendre sur votre cheminement…  Dans l’espoir de vous rencontrer, je vous assure de mon amitié « dans la tendresse du Christ ».

La rencontre avec lui (le 26 juin) s’est déroulée sereinement et le ton est resté poli, mais,après nous avoir entendu, il nous a mis en garde d’entrer dans des voies sectaires ou de tomber dans l’illuminisme.  Il nous a rappelé que le RCWP n’est pas en communion avec Rome (vu du point de vue de Rome!) et nous a fait part que si nous persévérions dans cette voie, nous risquions l’excommunication (ça nous le savions déjà!).  Nous lui avons répondu que pour notre part, nous demeurions en communion avec toutes les Églises, dans une pratique sincèrement oecuménique, et que justement, notre ministère serait de transmettre l’enseignement que nous avons reçu comme catholiques, que nous avons goûtés comme bon et vrai et que nous voulons répandre à notre tour comme le don le plus précieux reçu de notre Mère Église.  Il nous a dit que c’était risqué de nous détacher du tronc qu’est l’Église.  Je lui ai répondu que, selon les Écritures, c’est plutôt le Christ qui est le tronc, la vigne; et que l’Église – nous inclus – en sommes les sarments (aussi nombreux et diversifiés puissions-nous être).  Je lui ai dit que nous nous sentions profondément branché sur le Christ et que nous ne nous sentions pas du tout en danger de le perdre.

C’est désolant de constater qu’un évêque place ainsi l’Église à la place du Christ.  Encore plus désolant de lire le dernier document de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur « certains aspects de la doctrine sur l’Église » publié le 10 juillet dernier où on affirme que  l’Église du Christ subsiste uniquement dans l’Église catholique. En entendant cela, on  a  plutôt l’impression que c’est l’Église catholique qui se sectarise, et non pas nous!

Nous sommes donc sortis souriants de la rencontre avec l’évêque, avec l’impression qu’il avait – au moins autant que nous – besoin d’être évangélisé!

Cordialement,

Jean Beauchemin

 

Cher Jean, chère Johane,

Je vous félicite d’avoir eu le courage de dire la vérité à votre évêque. C’est une chose que je n’ai pas faite et à laquelle je vais réfléchir et prier. Je vous embrasse de tout cœur, et vous assure de toute ma solidarité dans le Christ,

Marie

 

(Parcours vers le sacerdoce – Unités d’apprentissage) 

Unité 1 « Je me tiens devant Toi les mains vides, au début du chemin » Par Jean Beauchemin

1.  Pensez à une personne de la Bible qui s’est tenue devant Dieu les mains vides…

Je pense aux femmes de la Bible en général, elles qui sont sans pouvoir, sans voix; elles qui ne sont – dans la considération de leur époque – que des outils de travail, des « meubles », des possessions, plutôt que des personnes à part entière.

L’intervention du Christ auprès d’elle en fait des personnes entières, considérables en soi. Il est le premier féministe.  Il confie aux femmes un rôle de témoins, au même titre que les hommes.

En ce sens, Marie-Madeleine est le chef de file des femmes témoins.  Elle représente la femme audacieuse qui transgresse les règles établies de son époque, en ce qui a trait au rôle attribué aux femmes.  Elle est la femme qui se rebelle contre ces règles. C’est l’amour qu’elle porte au Christ – à Dieu – qui la pousse au dépassement des règles établies et de ses propres limites.

Après sa résurrection – et donc après avoir dépassé les règles et contingences humaines, le Christ l’enverra la première, ouvrant ainsi la porte à un nouvel ordre des choses.  Il place ainsi une femme en premier – comme la lampe sur le lampadaire – parce que Marie Madeleine, comme les femmes en général, est passée maître dans l’art de l’humilité, du service, et de l’amour du petit, toutes choses que le Christ a placé en avant dans son Royaume.

Je me sens un peu comme elle dans ma foi : peu considérable, sans grande valeur, ayant eu une jeunesse assez dissolue, avec peu d’estime de moi-même, plutôt rebelle.  Mes relations étaient des gens humbles, sans reconnaissance sociale.  Les gens qui s’attachaient à moi étaient des marginaux, des laissés pour compte, des petits.  Ceux-là se confient spontanément à moi, comme à un des leurs.  Ils se sentent accueillis, écoutés, respectés.  C’est donc dans ma propre fragilité que je rejoins les gens fragiles, et que je peux être pour eux un témoin du Christ.

2.  Vos attentes en ce qui concerne le programme de formation

-Que le programme soit souple de sorte qu’on n’ait pas à entrer dans des formules pré-établies et immuables qui auraient pour rôle de juger de l’appel au sacerdoce de chacun.

-Qu’on discerne selon les charismes de chacun(e) dans quel type de ministère il ou elle doit se donner.  Non pas l’inverse où les prêtres seraient tenus de s’adapter aux types de ministères qui répondent aux besoins de l’institution.

-Que, femmes et hommes prêtres, nous soyons enfin unis dans nos diversités.

3.  Mise au point sur mon parcours personnel vers la prêtrise

Comme je le disais plus haut, j’ai toujours attiré autour de moi les plus humbles et les rejetés. J’ai une personnalité qui les attire, ou, du moins, qui ne les repousse pas.  Ils viennent spontanément vers moi – femmes, enfants, personnes victimes d’abus ou atteintes de maladies mentales, personnes ayant des problèmes de consommation diverse.

J’ai moi-même vécu une enfance et une adolescence très bouleversées, avec des pensées suicidaires, et des habitudes de consommation, jusqu’au début de ma vie d’adulte où je me suis ouvert à une quête spirituelle.  Mes parents étaient très croyants, très engagés dans le mouvement charismatique puis dans la communauté du Désert de Gérard Marier.  Moi je rejetais violemment l’Église et ses faux-semblants, en même temps que la foi en Dieu qui me semblait être un outil habilement manigancé pour endormir les masses.

C’est l’intervention du Christ dans ma vie qui m’a sauvé, d’abord par des songes puis par des voix intérieures.  J’ai alors progressivement centré ma vie sur Lui et remis en place les morceaux de ma vie.  La voix intérieure m’a appris à maîtriser mon esprit et mon corps, m’a continuellement invité à la prière et m’a fait entrer dans l’intimité divine.  Vers l’âge de 30 ans, dans un songe, je me suis vu ordonné prêtre par Dieu.  À cette époque-là – j’étais encore célibataire –  ma mère et certains de mes frères m’ont questionné sur une éventuelle vocation de prêtre en me demandant si j’y avais songé.

À cette époque également, un ami m’a invité à me rendre à une rencontre avec l’évêque de mon diocèse qui avait invité à sa table les jeunes hommes qui se sentaient appelés au sacerdoce – ou que leur entourage percevait comme appelés.  Après le visionnement d’un film sur la vie du pape où on nous montrait surtout les fresques du plafond de la chapelle Sixtine et la vie luxueuse de Castel Gondolfo, j’avais émis le commentaire, devant l’évêque et tout le groupe, que j’aurais préféré qu’on nous montre la vie apostolique du pape plutôt que l’apparat qui l’entoure.  On ne m’a jamais rappelé pour poursuivre la démarche vers le sacerdoce…

J’ai pensé que je devais être appelé ailleurs.  J’ai d’ailleurs rencontré celle qui allait devenir mon épouse quelques temps plus tard. Aujourd’hui, je me questionne toujours sur cet appel de Dieu.  L’an dernier, mon épouse et moi avons fait une approche auprès de l’Église anglicane pour voir si nous pouvions y concrétiser notre appel au sacerdoce.  Mais nous avons réalisé que nous sommes trop profondément catholiques pour être à l’aise comme prêtres d’une autre confessionnalité, malgré le fait que nous sommes aussi profondément œcuméniques.

Il reste la possibilité du sacerdoce à travers votre mouvement.  Il me reste également des questions…  Suis-je vraiment appelé à vivre un sacerdoce ministériel ?  Peut-être que Dieu m’appelle à un sacerdoce spirituel seulement ?  Est-ce que les personnes du mouvement pour le sacerdoce des femmes reconnaîtront en moi un appel au ministère sacerdotal ?   Suis-je à ma place dans ce mouvement ?

Je laisse le tout à votre discernement, prêt à collaborer entièrement dans la ligne de ce discernement.

Unité 2 – «Prophète par la force du Baptême» Par Jean Beauchemin

2.4 – Baptême d’eau : le symbolisme et la signification de l’eau dans la vie quotidienne et dans la liturgie

Il y a une proximité entre l’eau et la vie.  Les sciences ont démontré que l’élément principal pour qu’il y ait présence de vie, c’est qu’il y ait présence d’eau.  C’est d’ailleurs pour cela que les scientifiques cherchent l’eau sur les autres planètes : s’il y a de l’eau, il y aura des micro-organismes et à partir de là, tout le processus évolutif est possible.  On pourrait y ajouter la lumière – qui est un élément tout aussi essentiel à la vie.

Tous les êtres vivants naissent de l’eau, même la germination du grain est provoquée par l’eau.  Un des éléments fascinants chez l’être humain comme dans d’autres formes de vie, c’est que placé dans l’eau, l’embryon passera par toutes les étapes évolutives, passant de l’unicellulaire au protozoaire, puis à un stade où il ressemble à un têtard ou à un poisson.  Peu à peu, il se transformera et évoluera vers son stade final humain.  Ainsi chaque nouvelle vie est en quelque sorte le recommencement du monde.  Dans toutes les phases de son évolution, le foetus est toujours enveloppé d’eau; son corps, tout son être est immergé.

Le baptême, c’est la traversée symbolique de cette masse d’eau pour naître à la vie spirituelle.  Par la volonté des gens qui l’entourent, l’enfant intègre, pénètre la vie spirituelle.  Le baptême pourrait même être donné au moment de la naissance puisqu’il s’agit d’un moment qui marque l’intégration à la vie spirituelle.

 « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle?»  Jn 9,2

«Comme en effet, par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle constituée juste. »  Rm 5,19

Dans le processus d’enfantement, si on est lié par la faute, on l’est aussi par la grâce. Si on peut, par la prière et l’action de grâce, avoir une influence sur la vie des autres, on peut obtenir pour l’enfant l’action de l’Esprit, amener sur lui la grâce divine.

« Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez. » Mt 21,22

Dès avant sa naissance, l’être profond est déjà en lien avec Dieu – puisqu’un fœtus peut – dans le sein de sa mère – manifester sa joie et sa plénitude en présence de Dieu.

Le baptême est le moment qui marque le désir d’entrer dans la relation à Dieu.  D’abord marqué par la volonté de ceux qui amènent l’enfant, ce désir là se traduira à travers l’éducation qu’on lui donnera et amènera l’enfant à désirer à son tour la rencontre avec Dieu.  Au départ, c’est au niveau du subconscient puisque l’enfant naît avec une connaissance inconsciente de Dieu.  Le but est d’amener son inconscient au désir conscient de la rencontre de Dieu.

L’eau, c’est la jonction entre l’humain et le divin qui nous habite, entre l’existence et la non-existence.  Dans la bible, Jésus dit :

«À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.» Jn 3, 5

Le baptême est aussi un passage.  Il peut être donné à n’importe qui.  Par mon désir de lui faire connaître le Christ, la Trinité, l’enfant est déjà pénétré par ce désir qui fait parti de sa vie.  Ce n’est pas qu’une notion spirituelle, mais c’est profondément lié à notre  incarnation.  L’eau réfère à notre incarnation – et il nous faut apprendre à habiter notre incarnation; il faut avec son corps et son esprit agir en fonction de la connaissance de Dieu.  Comme l’eau et la vie quotidienne sont liés, le corps et l’esprit sont liés. Dans une démarche volontaire, l’être humain doit mener son corps et son esprit à rencontrer Dieu dans l’autre.  C’est là l’exercice le plus difficile d’une vie, mais aussi le plus fécond – celui qui nous lie, avec l’autre, à Dieu.

2.2 – Prophète et prophétesse par la force du baptême : la prophétie dans notre Église aujourd’hui

Puisqu’on reçoit au baptême la vocation de prêtre, prophète et roi, nos proches et ensuite nous-même, portons la responsabilité de la réalisation du plan de Dieu sur nous.  À la mesure propre à chaque individu, il faut apprendre à assumer la charge de faire connaître Dieu au monde.  Parmi les baptisés, Dieu en appelle un certain nombre à une responsabilité plus grande – comme dans la parabole des talents où certains s’en voient confier plus que d’autres (cf Mt 25,14).  On doit donc apprendre à être prophète à la mesure du projet de Dieu sur nous.

Au moment du baptême, les proches n’ont aucune idée précise de ce à quoi le baptisé sera appelé.  Alors on donne à tous sensiblement le même bagage de départ.  On les éduquera sur qui est Dieu, sur ce qui est bien ou mal, sur qui est Jésus, de sorte que l’enfant puisse par lui-même, on l’espère, découvrir ce que Dieu attend de lui.  L’enfant doit, à l’intérieur d’une famille d’appartenance, chercher Dieu.  Certains le font avec plus d’enthousiasme, d’autres par des voies parfois chaotiques, mais le Créateur est toujours à l’écoute.  Si le baptisé cherche dans l’espérance à trouver l’absolu qu’est le Créateur, Dieu répondra à la mesure dont l’individu, volontairement, désire cette rencontre.  Ce qui m’amènerait à citer la parole entendue par le Christ à son baptême :

« Celui-ci est mon fils, mon aimé en qui j’ai mis toute ma faveur»  Mt 3,17

Depuis l’origine, l’appel que l’Église fait au moment du baptême invite l’Esprit Saint à nous habiter.  C’est ce qui a donné la vie à l’Église à travers l’histoire.  L’Esprit Saint a permis que les premiers apôtres comprennent le message global du Christ.  Puis au cours des siècles, les pères de l’Église, les grands spirituels et les mystiques ont continué à démystifier la révélation du Christ sur notre Père, sur son Père.  Cette réflexion a fait en sorte que d’un groupe restreint assez unifié, on a vécu une confrontation des idées, des schismes de toutes sortes puis dans le dernier siècle, une reconnaissance œcuménique ou la conclusion d’une proximité entre chrétiens qui nous fait peut-être plus unis que l’on ne l’a été depuis les origines.  Notre espérance est grande que dans un avenir rapproché, les grandes familles chrétiennes se reconnaîtront dans leur diversité, unis dans la foi au Christ, frères et sœurs sous le regard de Dieu.

Les baptisés de ce temps sont donc plus que jamais interpellés à redonner l’espérance à un monde profondément bouleversé qui connaît si mal son Créateur qu’il puisse(semble pouvoir) aimer la mort plus que la vie – à preuve la tuerie du Collège Dawson.  Il faut rappeler au monde que ces choses devaient arriver ; que ce temps de chaos avait été prédit mais qu’il précède les plus beaux moments de l’histoire humaine qui ont aussi été annoncés.  Il faut rappeler qu’au passage du millénaire, toutes les spiritualités du monde prédisaient un changement radical d’une ère vers une autre, meilleure.  Même si nous traversons un temps d’une grande violence, partout des gens ouvrent leur cœur aux autres et manifestent pour la paix. On sent que le monde a soif, plus que jamais, d’une paix mondiale.  Les communications nous permettent d’être unis dans cette quête et ce sont là les fondements d’une Église nouvelle, unie dans l’amour de Dieu au-delà de nos différences.

« Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »  Luc 21,9

« Aussitôt après la tribulation de ces jours-là… apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme; et alors toutes les races de la terre se frapperont la poitrine et l’on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire. »  Mt 24,29-30

S’aimer corps et âme

Par Johane Filiatrault – Le 18 juin 2003

Nous connaissons tous au moins une personne qui nous tape sur les nerfs de temps à autre… ou vraiment trop souvent.  Bien sûr, c’est de sa faute parce qu’elle est trop ceci ou pas assez cela… et plus cette personne est proche de nous, et plus elle nous agace.  Il y a deux solutions possibles : faire les choix nécessaires pour s’en éloigner au plus vite, ou changer notre regard sur cette personne.

L’être humain a une curieuse propension à s’imaginer supérieur à tous ses semblables; et c’est par cette attitude qu’il se nuit le plus à lui-même, parce qu’il bloque par là toute possibilité d’amour réciproque.  Pour en revenir à cette personne qui vous tape sur les nerfs, demandez-vous ce qui, en vous-même, pourrait bien taper sur les nerfs de cette personne; et quand vous aurez trouvé la réponse, la personne en question vous semblera déjà pas mal moins énervante!  Reconnaître mes propres faiblesses, découvrir que je suis parfois un fardeau pour les autres, çà aide à juger moins durement l’autre qui se trouve près de moi.  Nous sommes tous des êtres faillibles et fragiles : le reconnaître est le commencement de la libération.  La vérité rend libre.

L’être humain a une autre tendance autodestructrice : il veut prendre le plus possible et donner le moins possible.  J’ai un enfant de 6 ans qui n’a pas encore réussi à perdre cette mauvaise habitude de prendre pour lui les jouets des autres – ouvertement ou en cachette.

Il provoque à tout coup l’ire de ses frères et sœurs – et parents! – perdant automatiquement tout ce qu’il avait essayé de s’accaparer.  Heureusement, il a encore le temps d’apprendre.  Mais je connais également un tas d’adultes qui agissent exactement de la même manière (malgré qu’ils le fassent beaucoup plus «subtilement») et le résultat sera tôt ou tard le même.

«Donnez, et l’on vous donnera.»  Qui met cette parole de sagesse en pratique?  Je vous mets tous au défi de l’essayer!  Donnez sincèrement, généreusement, sans attendre de retour : votre vie changera complètement, et vous vous verrez bientôt comblés de tout ce que vous cherchiez à posséder – en vain – depuis toujours.

Pour ce qui est du regard que l’on porte sur l’autre, il y a quatre bonnes habitudes à cultiver : chercher à découvrir le beau, le bon et le grand en cette personne; considérer en lui (elle) ce en quoi il (elle) nous dépasse; s’émerveiller de ce qu’on découvre de bien en l’autre; lui exprimer cet émerveillement… Envoyer des fleurs, quoi!  Votre vie s’en trouvera toute parfumée.

Et s’il vous arrive d’avoir à émettre quelques critiques (constructives, j’espère) envers autrui, pourquoi ne pas courageusement et calmement les exprimer directement à la personne concernée?  Les dire dans son dos à une tierce personne est absolument inutile et démontre que vous avez peu de maîtrise sur votre propre vie puisque vous en êtes réduit à subir les évènements qui vous adviennent plutôt que de participer concrètement à les transformer.

Dans notre société dite moderne, on idolâtre la jeunesse et la beauté; on épile les poils de la maturité, on camoufle sous la teinture tout ce qui est gris ou blanc et on maquille les rides.  Curieuse illusion d’une société qui s’imagine se réaliser en retournant vers l’œuf!  Faudrait recommencer à honorer les cheveux blancs, à idéaliser la sagesse et la bonté.  La gloire éphémère des idoles qui se trémoussent à la télé – ou des politiciens fantoches qui nous dirigent – ne les suivra pas dans la tombe.  Mais l’amour généreux des parents, des grands-parents – et de tous ceux qui se donnent vraiment – leur survivra dans leurs enfants et dans tous ceux qui se souviendront avoir eu du bonheur à les côtoyer.

Un pour tous et tous pour un!

Par Johane Filiatrault – Le 12 février 2003

Chacun pour soi…  Il est alarmant de constater combien cette mentalité moderne fait des progrès en occident.  Serait-ce un signe de l’évolution de l’espèce?  On sait en effet que, dans les sociétés primitives, la seule chance de survie se trouvait dans l’appartenance à un groupe fort et que l’individu n’avait de valeur que dans sa capacité à travailler à cette survie de l’ensemble :  Un pour tous!   Et voici que notre monde moderne se trouve à l’extrême opposé de ce concept : le bien-être individuel est premier dans l’ordre des valeurs.  Les institutions sociales sont perçues comme étant au service de la personne.  Le centre de référence est le «je» et non plus le «nous».  Mauvais?  Pas du tout!  À condition de ne pas glisser dans le piège du «chacun pour soi». Quand on est témoin de belles initiatives comme les téléthons ou les entreprises de sauvetage à grand déploiement où plusieurs personnes se mobilisent pour sauver la vie d’un individu malade ou en danger de mort, c’est comme si on voyait vivre sous nos yeux la 2e partie de la magnifique devise des 3 mousquetaires :  Tous pour un!   Même les entrepreneurs ont compris (de gré ou de force!) que le succès de leur entreprise dépendait du bien-être individuel de leurs employés.  Mais faudrait quand même pas charrier et tomber dans l’excès opposé : on voit actuellement, me semble t’il, trop de syndicats qui abusent de leur employeur!

Curieusement, parmi toutes les institutions modernes, c’est, je crois, l’institution ecclésiale qui a le plus de mal à faire ce passage du groupe à l’individu.  Tout se passe encore comme si être en Église consistait à perdre son identité propre pour adhérer à un système commun de pensée et d’agir.  Pas étonnant que les deux dernières générations aient déserté la barque!  Et n’allez surtout pas conclure que c’est parce que les gens n’ont plus la foi :  rien n’est plus faux.  L’Église se cherche actuellement, à coup de colloques diocésains et autres réunions du genre… qui n’ont que très peu remis en question la façon de faire Église et n’ont souvent changé que des façades ou des slogans.  Des faits?  Je connais une enfant de 5 ans qui manifestait depuis longtemps un grand désir de communier; le curé consulté lui a demandé d’attendre pour qu’elle fasse sa première communion avec les autres enfants de son âge, en 3e année – c’est long pour une petite fille (pire, depuis ce temps, la première communion a été repoussée en 4e année)!  J’ai pourtant été témoin de suffisamment de premières communions et de confirmations pour vous dire que plusieurs enfants qui reçoivent ces sacrements ont peut-être l’âge de le faire mais ce n’est vraiment pas évident qu’ils en ont le désir profond!  L’âge a t’il quelque rapport avec le désir de Dieu?  Poser un geste en groupe a t’il plus de valeur que de le poser personnellement?

Le mot «Église» vient du grec EKKLESIA qui signifie «assemblée».  À quand de véritables assemblées de croyants où chacun pourra exprimer en profondeur sa propre quête spirituelle et trouver nourriture pour son âme?  L’Église n’est pas une institution hiérarchique mais une expérience à vivre : celle de la communion aux autres et à l’Absolu.  Cela n’enlève rien au fait qu’elle ait besoin d’un pasteur visible.  Créons ou encourageons des lieux de fraternité et d’entraide où l’individu est aimé et respecté :  c’est là que se vit l’Église, là où on expérimente comme il est bon et doux d’être ensemble, unis les uns aux autres.  Il restera quand même un grand bonheur à se retrouver tous en Église pour fêter ensemble, en Sa Présence, la joie d’être enfants et aimés de Dieu : c’est d’ailleurs à cela, entre autres, que s’adonnent allègrement pour l’éternité ceux qui sont déjà passés dans l’autre Vie!  Ils sont heureux ceux qui goûtent cette joie dès ici-bas.  Encore faut-il que ce soit l’Amour qui nous mène célébrer en Église.  Tout autre motif est vain; car ce n’est pas celui qui dit «Seigneur, Seigneur» qui entrera dans le bonheur mais celui qui aime en vérité.

L’Église est une mère

Par Johane Filiatrault, le 7 mai 2003

L’Église est une Mère.  Elle s’est beaucoup donnée pour enfanter à la vie spirituelle de nombreux fils et filles, les nourrir, les instruire et les aider à faire leurs premiers pas de croyants.  Mais voici que ses enfants ont grandi; ils approchent l’âge adulte et revendiquent la liberté d’inventer avec elle un lien d’égal à égal.  Va t’elle continuer de les materner et de les encadrer?  Ou va-t-elle faire confiance à l’enseignement qu’elle leur a généreusement donné et les laisser librement transmettre à leur tour ce qu’ils ont reçu d’elle?  C’est tout un défi pour notre mère Église que ce passage de son rôle traditionnel d’autorité suprême après Dieu à un rôle de simple guide toujours accessible; un passage que toute mère doit traverser, avec plus ou moins de heurts selon le cas.

Je me définis comme croyante fervente et, depuis l’enfance, je vis ma foi à l’intérieur de l’Église catholique.  C’est donc ma propre Mère que je questionne… avec amour.  Il y a actuellement des fils et des filles matures dans l’Église, prêts à prendre des responsabilités et à s’engager, des hommes et des femmes dont le cœur est saisi par Dieu et en qui l’Esprit Saint a forgé une âme de pasteur.  Mais ils ne trouvent pas dans la structure ecclésiale l’espace nécessaire pour déployer leurs ailes et s’élancer.  La hiérarchie ne reconnaît pas leur ministère, ne bénit pas leurs entreprises, n’encourage pas leurs actions;  parfois même, elle s’en dissocie ouvertement.  Peur du dérapage?  Peur de perdre son autorité?  Désir de garder un contrôle strict sur ce qui se dit en son nom?  Ou pire encore, manque d’ouverture spirituelle?

Actuellement, dans l’Église du Québec, une des conditions d’admission incontournable pour accéder aux ministères, ordonnés ou non, (prêtres, diacres ou agent(e)s de pastorale) est l’obtention d’un diplôme de théologie ou de pastorale.  Je n’ai personnellement rien contre les études mais je sais pertinemment bien que la science de Dieu et la connaissance des âmes ne s’apprend dans aucune université humaine, mais dans une longue et amoureuse fréquentation divine au travers de la prière, des écritures inspirées et des sacrements.  Le Christ s’est-il, lui, entouré de beaucoup de gens bien instruits?  Comme toute institution, l’Église est menacée de sclérose; plus que toute autre, peut-être, puisque ne sont admis que des hommes aux sièges décisionnels.  Or, de par sa nature, l’homme est viscéralement gardien des traditions et du pouvoir établi – c’est bien.  La femme, elle, est plutôt gardienne de la vie, plus réceptive aux besoins humains et aux inspirations nouvelles – c’est bien aussi.  La vérité se trouve dans un juste équilibre entre les deux.

L’Église est une Mère… elle a un cœur et un corps de femme, et je rêve de la voir s’asseoir, ses bergers à côté d’elle et ses enfants autour, tous ensemble à la même école : celle de l’Esprit.  Il faut réinventer la famille Église (je ne parle pas du contenu du dépôt de la foi qui, lui, doit toujours rester le même).  Puisqu’il y a peu de candidats au sacerdoce actuellement (à cause des conditions d’accès trop strictes, le célibat surtout), on compense en nommant des agents ou agentes de pastorale.  On leur donne une mission sans leur donner les outils pour la réaliser.  Quels sont ces outils qu’on leur refuse?  Le pouvoir de baptiser, de pardonner et de nourrir que le Christ a conféré à tous ceux qu’il a envoyé : le sacerdoce, quoi!

Quand choisira-t-on dans les communautés locales des personnes d’une foi éprouvée pour leur confier le soin des âmes et leur conférer un vrai ministère dans toute sa force?  Pendant plusieurs siècles au commencement de l’Église, le mariage n’était pas un empêchement pour être ordonné à un ministère (et il en est encore ainsi dans bien des Églises).  Élever une famille : ne serait-ce pas une merveilleuse école pour former un cœur de prêtre (d’«ancien» comme on les appelait autrefois)?  N’est-ce pas là qu’on apprend le mieux à prendre soin des plus faibles, à se sacrifier pour l’amour des petits, à partager et à prendre des décisions à deux, à s’oublier pour le bien de ceux qu’on aime?  Toutes qualités essentielles pour faire un bon pasteur!

Résurrection: une preuve!

Par Johane Filiatrault – Le 16 avril 2003

Vous savez peut-être qu’en 1988 des tests au carbone 14 effectués sur le suaire de Turin par la NASA en ont situé l’origine au Moyen Age.  Mais de nouvelles expérimentations ont été faites en 1992 et leur conclusion est tout à fait étonnante : cette longue bande de tissu aurait-elle vraiment enveloppée le corps du Christ au tombeau?

Rappelons d’abord ce que l’analyse du linceul démontre :

  • Cette pièce de lin a été tissée selon une méthode propre aux régions proches de Jérusalem utilisée à l’époque où vivait Jésus
  • On y a trouvé des traces d’une espèce de coton spécifique à la Palestine, ainsi que 29 espèces de pollen qui ne se trouvent que dans la région du Jourdain
  • L’image qu’on peut y voir – celle d’un homme supplicié vu de face et de dos grandeur nature – est imprimée en négatif sur le tissu… C’est en mai 1898 que le négatif de la première photo du suaire en a révélé le positif
  • Il n’y a aucune trace d’aucun pigment connu sur l’image.  Ce n’est pas non plus du sang qui forme cette image, bien qu’il y en ait des taches aux endroits des blessures.  En fait, l’image est formée d’une sorte de brûlure du tissu qui est roussi en différentes teintes sur une très mince profondeur (45 microns).

C’est un docteur ès sciences, le Père Rinaudo qui, en 1992, a fait d’autres découvertes stupéfiantes en partant de l’hypothèse que le roussissement du linceul avait pu être produit par un bombardement de protons (scission d’un noyau de deutérium libérant un proton et un neutron – le deutérium est une composante chimique de l’hydrogène, elle-même composante de l’eau dont notre corps est fait en grande partie).  Le scientifique s’est servi d’un accélérateur de particules pour procéder à des tests… qui ont très exactement confirmé sa théorie : des taches de roussi dans les mêmes teintes que celles du suaire se sont formées sur le morceau de lin utilisé pour son expérience, irradiant le tissu sur 45 microns très précisément!

Il restait à examiner ce qui advenait des neutrons libérés lors de ce procédé : en fait, ils ont la particularité d’enrichir le lin en carbone 14!  Voilà ce qui faussait les tests de 1988.  Puisqu’il y avait davantage de carbone 14 au départ sur le linceul parce qu’il venait d’être soumis à un bombardement de neutrons, il est normal qu’il ait été jugé plus jeune qu’il n’est en réalité lors de la datation de 1988.  Après des expériences faites à l’université de Toronto sur une momie égyptienne soumise en laboratoire à un semblable bombardement, on a pu calculer très précisément quelle dose de neutrons pourrait avoir provoqué une erreur de 13 siècles dans la datation du suaire.  Résultat :  la quantité de protons nécessaire pour un roussissement sur 45 microns d’épaisseur correspond exactement à la quantité de neutrons qui justifierait une erreur de datation de 13 siècles!

Puisque le suaire a bel et bien enveloppé le corps d’un supplicié sous le règne de l’empereur Tibère, quelle énergie a bien pu casser les noyaux de deutérium, et les casser selon un ordre mathématique capable de créer une image 3D sur un tissu?  Quelle énergie, sinon celle de Sa résurrection!  Notons que l’homme du suaire est un crucifié dont les plaies sont toutes très visiblement imprimées sur le tissu, qu’il a subi au-delà de 40 coups de fouet, que sa tête est marquée de blessures causées par des petits objets en forme de pointe, et que son côté est transpercé au niveau du cœur.

Et voilà faite la stupéfiante preuve scientifique d’un phénomène unique dans l’histoire…

Pour plus d’informations : www.ouvriersdepaix.org/convictions

Le langage du Corps

Par Johane Filiatrault – Le 18 juin 2003

Depuis douze siècles, il existe à Lanciano (petite ville d’Italie) un fait extraordinaire, merveilleux à vous couper le souffle.  Et si le monde arrêtait seulement quelques instants sa course pour admirer l’inconcevable trésor qui s’y cache, l’humanité changerait de visage.

C’était au VIIIe siècle.  Un prêtre célébrait la messe comme à l’accoutumée quand il fut saisi de doute, après le moment de la consécration : Dieu était-il réellement présent dans ce morceau de pain sec et dans cette coupe de vin, comme l’affirme l’Église? Mais quelle ne fut pas sa stupeur – et celle de tous les paroissiens avec lui – quand il constata que, sur la patène, l’hostie s’était transformée en un morceau de chair et que, dans le calice, se trouvaient désormais cinq caillots de sang de grosseur inégale!

Supercherie de curé de village pour mousser la foi de ses fidèles?  On aurait pu le croire jusqu’en 1970, où des études scientifiques très poussées ont été faites sur ces reliques conservées à l’air libre, sans formol ni aucun produit de conservation depuis des siècles, mais ne présentant aucun signe de putréfaction ou d’altération.  (L’histoire de ces reliques est bien documentée : un bref papal en 1176, un autre en 1254, une première expertise en 1574, d’autres en 1637, 1770 et 1886.)  Les analyses de 1970 ont été faites par un groupe d’experts dirigé par Odoardo Linoli, professeur d’anatomie humaine, d’histologie pathologique, de chimie et de microscopie clinique.  Les conclusions de leur recherche sont stupéfiantes et ont été publiées dans plusieurs revues scientifiques du monde entier :

–        Il s’agit là de chair humaine; le sang est de groupe AB (même groupe que le sang prélevé sur le saint suaire de Turin)

–        La chair est constituée de tissu musculaire cardiaque ; la manière dont cette fine tranche a été obtenue par dissection dans le myocarde suppose une habileté extraordinaire de la part du «praticien»

–        Le diagramme sanguin est le même que si ce sang venait d’être prélevé le jour même : du sang frais après 12 siècles!

Autre fait inexplicable : si on pèse individuellement n’importe lequel des cinq caillots, son poids est le même que si on place ensemble les 5 caillots sur le plateau de la balance : chacun des morceaux pèse le poids du tout…  Un défi à l’intelligence humaine!  Doit-on y voir une matérialisation de ce qu’enseigne l’Église : le Christ est présent dans la plus petite parcelle comme dans le tout?…  Ou plus simplement, une sublime manifestation d’Amour?

L’Eucharistie…  Quand on pense que le grand Dieu et Créateur a inventé un moyen à la fois si simple et étonnant pour nous manifester à quel point il désire passionnément se donner à nous et s’unir à notre humanité pour nous introduire en sa déité, je suis émerveillée.  Inouïe déjà l’idée de prendre chair humaine en s’incarnant dans le sein d’une femme… Il pousse sa passion jusqu’à prendre la forme d’un morceau de pain et d’une coupe de vin de noces afin de pouvoir pénétrer jusqu’à l’intime de sa créature, la recréer et la transfigurer par ce moyen tout simple, assez simple pour qu’un petit enfant puisse saisir.  Ce morceau de pain-là est le remède à tous les maux du monde.  Il n’y a pas d’heures plus douces ici-bas que celles passées à contempler ce remède, cette admirable nourriture de l’âme.  L’Amour tout entier y est caché, la Paix s’y donne.  Et c’est gratuit!

Plusieurs Églises ne reconnaissent pas la présence réelle dans l’Hostie.  Elles considèrent la Parole de Dieu comme Sa révélation et Son don ultime… Plusieurs catholiques (même des prêtres et des évêques) prennent actuellement cette tendance.  En amour, qu’est-ce qui prime?  Se parler d’abord, bien s’écouter pour se révéler l’un à l’autre et se découvrir mutuellement (la Parole).  Mais quelle est l’étape ultime de l’amour, quel en est l’accomplissement, qu’est-ce qui le rend fécond et qui donne la vie?  L’union des corps, bien sûr!

Dieu est l’Époux : Il le dit dans l’Ancien Testament, et le Christ lui-même s’est ainsi présenté.  Le don de Son Corps pour nourrir et transfigurer notre corps comme notre âme est la suprême expression de son amoureuse passion.

Pour plus d’information : www.regione.abruzzo.it/giubileo/fr/itinerari/lanciano/

 

L’À Venir

Par Johane Filiatrault – Le 28 mai 2003

Nous sommes à un tournant de l’histoire humaine.  Les grandes découvertes scientifiques récentes ont placé entre les mains de l’humanité une donne gagnante et c’est à son tour de jouer.  L’homme et la femme moderne ont atteint un degré de conscience mature, adulte, lui permettant de choisir librement sa destinée.  La biologie, la psychologie, l’écologie, ainsi que les grandes leçons politiques qu’ont peut tirer de l’histoire des civilisations : tout contribue à convaincre l’être humain qu’il peut devenir l’acteur de son bonheur ou de son malheur.  Tout être humain naît libre…

Nous sommes issus d’une génération maladivement compétitive et individualiste.  Heureusement, la génération montante a appris jeune, à l’école, la coopération et le travail d’équipe : voilà qui promet!  Ensemble, ils pourront faire un monde meilleur où primeront la justice, la transparence et la paix.  Rêve et utopie?  Sûrement pas.  Parce que l’humanité vivra bientôt des évènements grandioses, quelque chose que l’humanité n’a encore jamais vu.  Déjà, nous traversons des temps tels qu’il n’y en a jamais eu depuis le début de l’histoire humaine et tels qu’il n’y en aura jamais plus (Mt 24,21), des années de grandes épreuves à l’échelle planétaire, des temps d’opaques ténèbres ou la Mort semble vaincre, partout.  «Les vivants envieront les morts en ces jours-là».  Ils les envient actuellement au point de se donner eux-mêmes la mort, au point de ne pas faire naître parce qu’on préfère voir son enfant mort plutôt que de l’emmener à une vie de souffrance.  Combien de fois on entend dire à propos d’un mort : «Il est bien, il ne souffre plus».

Oui la vie n’a jamais été aussi dure et la mort aussi douce et désirable qu’en nos temps.  Comme jamais auparavant, l’être humain – à cause des télécommunications – est conscient de tout le mal et de toutes les abominations qui sont subies ou commises sur la planète : un poids énorme à porter, une douleur cuisante pour tout homme ou femme de bonne volonté.  Il règne, le Prince de ce monde, et écrase avec volupté tout ce qui s’appelle bonté ou amour.  Mais il sait que son règne sera court, il le sait depuis l’origine.  Il est bien averti qu’il a déjà perdu le combat et c’est ce qui décuple son énergie de violente destruction et ses tentatives pour faire chuter l’être humain dans le découragement, dans l’avilissement sexuel bestial, dans la peur et dans l’exploitation égoïste des autres et de l’environnement.  Il nous est dit de nous réjouir quand nous verrons ces choses-là car elles sont le signe de la fin prochaine de ce temps où règne le Tentateur.

Alors, je me réjouis!  J’attends l’heure où chacun verra en son âme la lumineuse vérité qu’est l’Amour de Dieu, car chacun la verra… Et verra du même coup l’état de sa propre âme.  Oui, cette heure viendra bientôt, qu’on la désire ou non.  C’est sûr, aussi sûr que le lever du soleil au matin.  Plusieurs voix l’ont annoncé dans les anciennes écritures.  Le Christ l’a confirmé lui-même.  Et plus près de nous, plusieurs prophètes modernes l’ont annoncé (certains mêmes ont reçu la révélation qu’ils verraient cette heure de leur vivant).  Des voyants, des inspirés, des gens ordinaires qui, pour certains, ne se préoccupaient ni de dieu, ni de diable avant de recevoir la visite d’un messager céleste qui les a envoyés avertir l’humanité qu’elle allait vivre une sorte de jugement divin en petit (petit dans le sens d’individuel), une purification universelle des âmes.

Si un enfant crie «Au loup!» on peut supposer qu’il fabule, mais si tous en même temps crient «Au loup!» vaudrait peut-être mieux prêter l’oreille!  Le Christ est sur le chemin de son Retour : c’est ce que révèlent les apparitions de la Vierge à La Salette, à Medjugorje, à Soufanieh, et les révélations du Christ à Mme Vassula Ryden.  Quatre fillettes également ont été chargées par la Vierge d’un message pour le monde; elles ne connaissaient rien aux saintes écritures, vivaient dans un hameau d’Espagne – Garabandal – et ont été instruites de ces choses par de nombreuses visites de l’Archange Saint Michel et de la Très Sainte Vierge qui se sont montrés à elles entre 1961 et 1965.  Les faits surnaturels qui se sont déroulés dans ce village sont d’une beauté et d’une limpidité inouïes.  Inouïe également la colère du Malin contre ce lieu, qui a tout mis en œuvre pour discréditer le grand message que le Ciel y a livré.  Résultat : toutes les Églises y sont restées sourdes en niant l’authenticité des dires des enfants.  Triste.  Mais l’heure de Dieu est proche et toute la création se réjouira bientôt.  Et l’être humain aura dès lors en main tous les outils, naturels et surnaturels, pour faire de cette terre un jardin, un Eden.  Pour plus de détails, voir  www.ouvriersdepaix.org et www.tlig.org/fr.html

 

S’aimer corps et âme

Par Johane Filiatrault – Le 28 mai 2003

Faire l’amour à la personne qu’on aime depuis longtemps, est une expérience toujours nouvelle et merveilleuse.  Sans doute, il n’y a plus l’intensité physique explosive des premières relations de couple, mais c’est largement compensé – et dépassé – par une grande confiance mutuelle qui conduit à un abandon total aux caresses et désirs de l’autre.  C’est précisément cette profonde symbiose entre deux êtres qui est exaltante, peu importe l’intensité de l’orgasme physique : le sentiment bouleversant d’être aimé de l’autre… cet autre qui se préoccupe d’honorer mon corps et de le conduire au plaisir… Me soucier d’abord du plaisir de l’autre et trouver mon plaisir dans le sien… Mon don à l’autre pour son plaisir qui deviendra le mien…  Faire l’amour vraiment… et m’apaiser en l’autre qui s’apaise en moi.

C’est après l’orgasme qu’on sait si on a vraiment fait l’amour ou si on n’a que baisé sans intelligence (l’intelligence qui nous donne de prendre conscience de l’amour vrai).  Quand, après l’amour, je peux plonger mes yeux dans les tiens – mieux, mon âme dans la tienne – et me réjouir que tu sois là et m’émerveiller parce que je vois dans tes yeux que tu m’aimes toujours, nous avons fait l’amour, vraiment.  Quand je me sens réconciliée avec moi-même et avec l’univers entier, quand nous voici sereins et si proches l’un de l’autre – au point qu’on voudrait demeurer soudés toujours – oui nous avons fait l’amour.

Mais si l’amour vrai n’est pas au rendez-vous, les résultats sont tristement différents.  On aura beau avoir l’orgasme le plus «extasy» qui soit, qu’en est-il du retour à la réalité? Qui est cet autre qui est allongé près de moi (ou qui n’y est déjà plus)?  Nous sommes faits pour l’amour, et quand ce doux sentiment de la proximité aimante de l’autre n’est pas au rendez-vous, quand nous ne sentons pas qu’il ou qu’elle se préoccupe sincèrement de notre bonheur, quel vide cela laisse-t-il en nous!  La triste impression d’être utilisé ou manipulé, le sentiment d’être seul au monde; la satisfaction physique, peut-être, qui sera à re-satisfaire bientôt ou plus tard… mais rien qui comble l’âme, rien qui remplit de joie et donne le goût d’être meilleur, rien de grand et de vraiment humain.

Quand on constate dans quelle pornographie bas de gamme se vautre notre société dite évoluée, quand on expérimente quelle profonde déchirure de l’âme provoquent les abus sexuels ou les viols, quand on dénombre la multiplication phénoménale des expériences homosexuelles, bisexuelles, échangistes, etc. (je dis «expérience» parce qu’un engouement de cette ampleur est trop jeune dans l’histoire contemporaine pour qu’on puisse en évaluer l’impact réel, en positif ou en négatif), on ne peut que conclure que nous sommes sûrement à un tournant de l’histoire humaine en matière de recherche sexuelle!  Merde que nous sommes malades… d’amour!

Tous autant que nous sommes sur la planète, du plus petit jusqu’au plus grand, nous avons un seul grand besoin, fondamental : être serré très fort dans les bras de quelqu’un qui nous aime tendrement et nous respecte profondément.  Comme société, parce que nous ne savons pas ou ne voulons pas faire l’effort de créer des liens d’amour vrais avec les autres, nous cherchons des raccourcis faciles, des parodies d’amour.  Nous consommons du sexe.

Nous nous avilissons et nous goûtons ce que goûte la mort. Ça goûte… triste.  L’amour vrai goûte la joie, et son fruit est la vie.

S’aimer corps et âme

Par Johane Filiatrault – Le 28 janvier 2003

Il existe plusieurs définitions du mot «aimer».  Trop peut-être: on finit par être tout mêlés dans les sentiments qui s’emmêlent sous cette définition…  On peut aimer une voiture, et décider de l’acheter pour pouvoir l’utiliser à sa guise.  On peut aimer les chocolats, et vider la bonbonnière sans partage.  On peut aimer l’émotion amoureuse que fait naître en nous une personne qui nous attire.

Dans tous ces cas, amour rime avec plaisir… et rimera bientôt avec responsabilité.  On devra payer les frais d’assurance et de plaques de la nouvelle voiture, veiller à la conduire prudemment et assumer les frais d’entretien mécanique.  Dans le cas des chocolats, on devra assumer les effets désagréables de notre gourmandise,  peut-être avoir à gérer un excès de poids qui nous gêne et aussi endurer les protestations de ceux qui auraient bien aimer les goûter, ces friandises!  La plupart des gens sont à l’aise avec la phase 1 de l’amour  (le plaisir).  Pas mal moins le sont avec la phase 2  (la responsabilité).  (Je sais de quoi je parle puisque je fais partie d’une génération qui n’a pas été beaucoup éduquée à la responsabilité!)   N’avons nous pas tendance à être, en tout et partout, des consommateurs, en amour comme en toutes choses?  On n’a pourtant pas besoin d’être un grand spécialiste pour constater que la pulsion « consommation » est insatiable.  Le feeling agréable que nous procure l’acquisition d’un nouveau bien ou l’expérimentation d’une nouvelle sensation agréable est habituellement très passager, pour ne pas dire fugace, et cède vite la place à la désagréable impression de vide qui nous poursuit et nous rattrape.  Le consommateur doit alors repartir en quête de consommation, encore et toujours.  Gouffre sans fond…  Le bonheur est ailleurs.

Aimer l’émotion amoureuse que fait naître en nous une personne est une chose; aimer cette personne en est une autre.  Aimer, c’est d’abord l’action de s’émerveiller de ce qu’est l’autre, admirer ses qualités, ses richesses d’être et tous ses attraits physiques ou psychologiques.  Aimer nous mènera ensuite… à nous buter sur les limites de l’autre, tout ce qu’il n’est pas ou ce qu’il n’a pas.  C’est là l’épreuve à traverser, une sorte de passage étroit où l’amour se purifie et s’affine.  C’est à partir de là qu’aimer est un choix, une décision mature et épanouissante pour les deux partenaires.  C’est à partir de là qu’on commence à écrire une histoire d’amour qui dure.

«L’amour est un tournoi où tombent tour à tour les guerriers maladroits noyés dans la bravoure» chante Richard Desjardins   Il y a ceux qui n’étaient pas faits l’un pour l’autre : l’épreuve marquera la fin de l’histoire (tant mieux!).  Fin de l’histoire aussi  pour ceux qui ne veulent pas s’y investir (tant pis!).  Mais il y a les braves qui, pour ne pas sombrer dans la tempête, s’accrocheront très fort à la beauté de leur histoire d’amour… et qui remporteront le tournoi à force d’oubli de soi et de souci de l’autre.  Les guerriers maladroits consommeront tour à tour des amourettes sans lendemain tandis que nos vainqueurs vieilliront tranquillement côte à côte dans cette assurance et ce repos que procure un amour vrai.  «Oui mais au prix de perdre l’intensité physique des nouvelles amours», objecterez-vous.  Allez-y voir!  Comme si le fait de toujours faire l’amour à la personne qu’on aime pouvait s’affadir avec le temps!   La recette assurée pour entretenir très vive la passion des conjoints?… Savoir user de son imagination !!!   Aussi, ne pas s’inquiéter outre mesure des hauts et des bas du désir : ça reviendra! (Nous formons un couple qui avance dans la cinquantaine et nos rencontres sexuelles sont toujours plus riches, plus belles, plus comblantes). Rester tendre et attentionné, se parler en vérité et chercher l’épanouissement humain et social de l’autre :  seule recette qui nous mènera à pouvoir goûter et savourer toutes les subtiles nuances des deux mots les plus merveilleux de la langue française :  faire l’amour.  (à suivre)

S’aimer corps et âme

Par Johane Filiatrault – Le 17 janvier 2003

« Les papas que je connais décrocheraient la lune pour leurs enfants s’ils le pouvaient.  Mais en réalité, quel est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à ses enfants?  C’est de beaucoup aimer leur mère ».*1

J’ajouterais : quel est le plus beau cadeau qu’un homme peut se faire à lui-même?  C’est de chérir tendrement la femme à laquelle il a choisi de lier son destin… parce qu’une femme aimée demeurera une femme aimante et qu’il sera, lui, le premier bénéficiaire du retour d’amour de sa compagne.  La femme est dotée d’un merveilleux charisme : celui «de pouvoir transformer la tendresse conjugale intime en amour familial généreux et vital pour chacun des siens».*2    Et le charisme de l’homme, lui, quel est-il?  Celui de la fidélité… parce qu’il est moins le jouet de ses émotions que le sont, en général, les femmes; et donc plus capable de s’investir avec constance dans le lien d’amour avec sa conjointe.  Encore faut-il qu’il y emploie toute sa volonté et son énergie, plutôt que de papillonner sans fin d’une femme à l’autre à la recherche de l’extase suprême.  Extase qu’il ne pourra trouver qu’en s’attachant à l’une d’entre elle de tout son cœur et de tout son corps.

Les gens heureux ont une histoire, et c’est toujours une histoire d’amour vrai qui dure.  Cela, chacun le pressent en lui-même… On n’a qu’à consulter les statistiques pour s’en convaincre : les jeunes québécois classent encore bons premiers, dans leur top list des valeurs, le couple, les enfants, la famille.  Pour arriver à ce bonheur, une seule recette fonctionne encore : le don de soi total et sans retour pour s’investir chaque jour à faire le bonheur de l’autre (ce que les femmes font souvent trop spontanément, et les hommes, pas assez!).

Ce qu’une épouse peut représenter dans la vie de son homme?  Voici ce qu’en dit un Inuit :

«Angnatsiaq est l’état d’esprit quand tu penses profondément à une femme.  Non, ce n’est pas penser à lui faire l’amour ni à ses attraits terrestres.  C’est penser à elle en tant que la partie belle et tout à fait essentielle de ta vie.  Son odeur, son toucher, sa voix, son mouvement et sa présence sont aussi importants pour toi que ta propre respiration.  Elle est sans âge.  Vous assurez l’un et l’autre votre survie et, au fond de ton cœur, tu sais que vous allez voyager ensemble pour toujours.  Elle est l’unique partie de ton être qui te manquait et qui a fait de toi une personne entière.  Chaque lever de soleil naît dans ses yeux.»*3

Ce qu’un époux peut représenter dans la vie de sa femme?

Il est l’amant dont j’ai rêvé : il sait si bien me parler d’amour et m’envelopper de tendresse et d’attention.  Il est mon frère, le compagnon dont la présence me réjouit et m’apaise, l’ami en qui je me retrouve, le seul dont le cœur puisse contenir le mien.  Il est le roc sur lequel je m’appuie, l’époux fidèle sur qui je peux bâtir ma vie, le père de mes enfants qui nous guide et nous rassure.  Ses yeux sont un fleuve où je me noie…Mon bonheur a un nom : le sien.  A travers vents et marées, nos vies se sont liées.  Vivre sans lui, comment le pourrais-je?  Nous séparer, c’est m’arracher mon souffle.  Il est l’air que respire mon âme, aussi nécessaire à mon bonheur que l’eau dont je m’abreuve.

À suivre…

*1 :  Jean-Robert Gauthier, dans le NIC, 22 déc. 2002, p. 17

*2 :  Idem

*3 :  Un ancien, cité par Norman Hallendy, Inuksuit, Toronto, Douglas & McIntyre,  2000, p.85