Le mariage

Le 15 octobre 2003, par Johane Filiatrault

Parce que les couples homosexuels le revendiquent actuellement comme un droit, on a beaucoup entendu parler de mariage, ces temps-ci.  Mais qu’est-ce qui leur fait tant envie dans cette institution en chute libre, alors que les couples hétérosexuels se marient de moins en moins et que leurs mariages finissent une fois sur deux par un divorce?

À cause des profonds changements sociaux du 20e siècle, le mariage n’a plus – socialement parlant – sa raison d’être.  Il n’est plus question de nos jours de se marier pour s’allier une puissante ou riche famille et assurer ainsi sa survie dans un milieu hostile.  Plus question non plus de prendre femme pour se garantir sur elle des droits de propriété privée – (On sait que les grands rois de l’Antiquité faisaient entre autre étalage de leur richesse et de leur puissance en multipliant le nombre d’épouses et concubines qu’ils entretenaient à leur cour).  Et pour ce qui est d’obliger légalement un père à prendre soin de sa progéniture, le mariage n’est plus désormais nécessaire non plus : un simple test d’ADN suffit!

Il restait encore les avantages économiques liés à la famille, mais on sait que, de plus en plus, les lois tendent à octroyer les mêmes droits et devoirs aux couples en union de fait qu’aux couples mariés.  Qui se marie court même le risque de voir son(sa) conjoint(e) partir avec la moitié du patrimoine familial si il(elle) se déclare insatisfait(e) de l’union! Que conclure, alors?…   « Si telle est la condition d’un homme envers sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier », disait déjà des hommes il y a de cela 2000 ans! (Livre de Mathieu dans la  bible – 19,10)

En effet, d’intérêt matériel au mariage, il n’y en a plus guère et c’est pourquoi il a perdu plusieurs de ses adeptes.  Pour lui donner son sens, il ne reste plus qu’une très haute valeur spirituelle : la confiance mutuelle.  « Le Créateur, au commencement les fit mâle et femelle.  C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. » (Mathieu 19, 4-5)       Il n’est pas question de mariage institutionnalisé dans ce passage mais bien d’un acte d’attachement qui fait de deux personnes une seule chair.  Alors, oublions le mot « mariage » et laissons-le aux couples homosexuels s’ils en veulent.  C’est un mot tellement galvaudé d’ailleurs qu’il n’a plus guère de sens.  On connaît trop de couples, pourtant officiellement mariés, dont la vie conjugale est si fade et l’amour si tiède qu’on ne voudrait surtout pas les imiter.  On connaît aussi des couples en union libre qui cherchent constamment à grandir en amour dans le respect mutuel et la fidélité réciproque, agissant en tout pour ne rien laisser se perdre de l’émotion amoureuse de leurs premiers instants.  Lesquels sont les plus « mariés » d’après vous?

Ils sont mâle et femelle donc, s’appelant dans leur complémentarité, ayant besoin de l’autre pour trouver l’unité : deux êtres incomplets qui s’attirent pour former un Tout.  L’homme (ou la femme), à la recherche de ce sentiment de plénitude qui lui manque, quittera son père et sa mère.  Ça a l’air très simple, mais beaucoup de couples échouent parce qu’un des conjoints est resté trop attaché à son passé de célibataire, à ses copains(copines) d’adolescence ou à la sécurité du foyer parental.  Quitter cela exige de la maturité chez le jeune adulte, difficile à acquérir parce que beaucoup de mères et d’épouses ont tendance à infantiliser – leurs hommes surtout – mais aussi leurs filles, et à les materner au-delà de l’âge adulte (ce dont plusieurs se complaisent facilement)!  Quitter son passé d’enfant, donc, pour devenir le pilier d’une famille en s’attachant toujours davantage à son(sa) conjoint(e), oubliant tous et toutes pour (lui) elle, pour l’amour d’elle ou de lui, en mettant toute sa force et son énergie à s’investir totalement dans cette union.  Parce que la femme aimée sentira  cet attachement durable qu’il éprouve envers elle, elle répondra en s’ouvrant toujours plus totalement à lui, dans son corps et dans son âme, fondant sa volonté à la sienne dans une inébranlable confiance réciproque.  Ils se reposeront alors l’un dans l’autre.  Il n’y aura plus deux êtres (une femme qui défend ses intérêts et un homme qui cherche à imposer les siens – ou vice et versa).  Ils ne feront qu’une seule chair, ne voulant et désirant qu’une seule chose : leur bonheur mutuel et celui de leurs enfants.  Voilà un couple vraiment uni, qu’il aie ou non signé un acte de mariage.  Voilà un couple que l’humain ne peut ni ne doit séparer.  Voilà un couple qui rayonnera son bonheur autour de lui, donnant envie d’aimer à tous ceux qui les rencontreront, et à leurs enfants d’abord qui, dès leur jeune âge, pourront goûter comme il est bon et doux d’être ensemble et unis.

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